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Activation de la « Garantie Jeunes » dans le Cher

| Publié le 24 juin 2015
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Destinée aux jeunes n’étant ni en emploi, ni en formation, ce dispositif leur offre, sur une durée d’un an, un accompagnement social et professionnel renforcé ainsi que la garantie d’une allocation mensuelle de 452 euros. Objectif : les faire gagner en autonomie et retrouver le chemin de l’emploi. Depuis mai dernier, plus de 80 jeunes du Cher se sont déjà engagés avec leur Mission Locale pour bénéficier de la « Garanties Jeunes » (GJ) qui, d’ici fin 2015, devrait être accordée à 734 jeunes issus des 3 départements de la région volontaires pour mettre en œuvre ce nouveau dispositif.

Le Cher est le premier département de la région à avoir organisé en mai dernier deux commissions d’attribution de la « Garantie Jeunes » (GJ). L’Indre et l’Indre-et-Loire, également retenus pour expérimenter la mesure cette année devraient être opérationnels à leur tour en septembre prochain.
« Dans le cadre de ces commissions que nous présidons, nous examinons en détail le dossier de chaque jeune avec les représentants du Conseil départemental, des services de Pôle emploi et de nos quatre Missions Locales » précise Anne Rivière, chargée de mission à l’Unité Territoriale du Cher de la DIRECCTE Centre-Val de Loire. « Les jeunes éligibles doivent être en situation de grande précarité matérielle et financière. Certains vivent en dehors du foyer familial, d’autres restent chez leurs parents mais ne reçoivent aucun soutien financier de leur part. Tout l’enjeu est de déterminer le niveau exact des ressources dont dispose la famille du jeune ».
Ce dispositif est le premier à offrir sur un an à des jeunes en grande difficulté un accompagnement intensif, via un suivi quotidien de son conseiller. Une fois qu’il y a adhéré chaque jeune s’engage à s’impliquer tous les jours de la semaine dans son parcours d’insertion qui doit le conduire rapidement, dès le 2ème mois si possible, à une première immersion dans le monde du travail, via une période de mise en situation professionnelle, un CDD ou une mission intérimaire.

Définir ensemble les règles de vie commune

« Pendant les six premières semaines, les jeunes sont tenus de se rendre à la Mission Locale de 9H30 à 16H30 » indique Laurent Moisan-Brun en charge de la coordination du dispositif à l’échelon régional de la DIRECCTE. « Deux conseillers se consacrent à temps plein dans chaque Mission Locale à un accompagnement collectif et individuel des jeunes bénéficiaires de la « GJ ». Ceux-ci sont en manque de repères. Dès leur arrivée, ils sont invités à rédiger une charte pour la vie collective du groupe. Le but est de développer un esprit de corps afin qu’ils soient portés par une vraie dynamique de groupe ».
D’ailleurs, au cours de ces premières semaines, à côté d’ateliers classiques sur le projet professionnel, le CV, la lettre de motivation …, plusieurs intervenants extérieurs sont sollicités sur des thèmes aussi divers que la santé, l’alimentation, le logement, … . Une présentation des métiers porteurs sur le bassin d’emploi est également faite. Il s’agit avant tout au cours de ce premier mois de resocialiser des jeunes en rupture et de favoriser leur expression.

Mettre très vite un premier pied dans l’entreprise

Les Missions Locales doivent amener très vite les jeunes vers des expériences professionnelles leur permettant de construire ou de consolider leur projet. « Avec la « GJ », on fait le pari que des mises en situation professionnelle sont l’occasion de faire bouger les jeunes et favorisent la levée des freins sociaux » remarque Anne Rivière. « L’objectif est qu’ils passent la moitié de leur temps en emploi ou en stage au cours des 12 mois d’accompagnement. Il appartient donc aux Missions Locales de développer leurs contacts avec les entreprises en leur présentant le dispositif. Pour les aider, nous avons organisé des réunions d’informations avec les partenaires sociaux –CGPME, MEDEF- et plusieurs branches professionnelles ».
Entre deux périodes d’immersion en entreprise, le jeune est assuré de toucher une allocation mensuelle de 452 euros. Mais attention celle-ci peut être suspendue si le jeune ne respecte pas ses engagements. Son montant peut aussi diminuer lorsque le jeune travaille et touche un salaire. Bref, la vocation du dispositif n’est pas de garantir un revenu mais bien d’aider le jeune à être plus autonome pour trouver enfin le chemin de l’emploi durable.

Des objectifs 2015 ambitieux

A la fin de l’année, il est prévu que 400 jeunes du Cher bénéficient de la GJ et soient accompagnés par une des quatre Missions Locales du département : Bourges, Vierzon, Sancerre-Sologne et Cher-Sud. Celles-ci sont financées l’Etat et le FSE au titre de l’Initiative Européenne pour l’emploi des Jeunes (IEJ) à hauteur de 1600 euros par an et par jeune accompagné. « Pour l’instant, les Missions Locales ont regardé parmi les jeunes qu’elles accompagnent ceux qui étaient susceptibles d’entrer dans le dispositif » remarque Laurent Moisan-Brun. « Mais très vite, il faudra que leurs conseillers insertion partent en prospection, à la recherche de ces jeunes souvent désocialisés et non accompagnés par les opérateurs de l’emploi. Ils devront nouer dans ce but des partenariats avec divers organismes sociaux (CCAS, Conseil départemental, centres pénitenciers, …) invités à ouvrir leurs fichiers pour identifier des jeunes ayant un profil GJ ».
Un premier bilan national fait état d’un taux de retour à l’emploi durable (CDI, stage ou CDD de plus de 6 mois) de 60% pour les premiers jeunes sortis du dispositif. Rendez-vous à l’été 2016 pour voir si les promotions GJ du Cher confirment ce résultat en matière de retour à l’emploi.

Qui sont les jeunes engagés dans le dispositif « garantie jeunes » ?

Sur les 80 jeunes entrés à ce jour dans le dispositif dans le Cher, plus du quart appartiennent à des familles dont les parents touchent le RSA, et 17% d’entre eux sont issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Plusieurs jeunes sont hébergés dans des centres d’hébergement et de réinsertion sociale ou des foyers de jeunes travailleurs car ils ont rompus les liens avec leur famille suite à un conflit ou à un décès d’un ou de leur deux parents. La plupart ne possèdent pas de véhicules ou de deux-roues ou n’ont pas le permis de conduire ce qui conduit à des situations d’isolement notamment dans les communes rurales.
Tous les jeunes sont toutefois motivés car c’est l’un des critères de sélection pour bénéficier de la GJ. Enfin, certains ont poursuivi leurs études après le BAC et peuvent avoir acquis un diplôme de niveau BAC+2/3.

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