Améliorer la santé au travail

| Publié le 7 juillet 2017
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Le Plan régional de santé au travail 2016-2020 a été présenté le 4 juillet dernier au nouveau Comité régional d’orientation des conditions de travail. Élaboré par la Direccte avec le concours des partenaires sociaux et organismes de prévention, le plan vise à développer une culture de la prévention des risques professionnels et à améliorer la qualité de vie au travail.

Placé sous la présidence du Préfet de région, le Comité régional d’orientation des conditions de travail (CROCT) qui a tenu sa première réunion le 4 juillet, donne une place plus importante aux partenaires sociaux qui pourront désormais prendre pleinement part dans ce cadre à la définition des stratégies régionales en matière de santé, de sécurité et de conditions du travail.
Lors de cette séance inaugurale, les membres du CROCT ont découvert les enjeux et les axes prioritaires du Plan régional santé au travail (PRST) pour la période 2016-2020.
Piloté par la Direccte, l’enjeu du PRST sera de favoriser la construction de partenariats entre tous les acteurs institutionnels concernés : ARACT, MSA, CARSAT, OPPBTP, services de santé au travail et inspection du travail. Il sera aussi de parvenir à impliquer tous les partenaires sociaux dans son suivi et son évaluation.
Le PRST a été élaboré en prenant en compte les spécificités de notre territoire régional : surreprésentation des secteurs traditionnels de l’industrie (métallurgique, chimique, pharmaceutique, …) et de l’agriculture ; taux élevé de recours à l’intérim (4,3 intérimaires pour 100 salariés contre 3 au niveau national) ; sinistralité au travail plus importante avec taux de fréquence d’accidents du travail de 25,5, contre 22,9 au niveau national.
Les 4 priorités du PRST sont les suivantes :

1. Améliorer les conditions de travail dans les TPE
Les TPE présentent des caractéristiques particulières du point de vue de la prévention : très nombreuses (8 entreprises sur 10, employant un salarié sur 5), centrées sur un métier ou un savoir-faire, elles ne bénéficient que de ressources limitées en termes de compétences spécialisées, de moyens financiers, d’accès à l’information et de disponibilité en temps du chef d’entreprise.
Cela explique en partie qu’1 entreprise sur 3 n’ait pas élaboré de document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER), et qu’1/3 des DUER existants présentent des lacunes importantes, au moins un des risques caractéristiques du métier étant absent.
Construire des actions de prévention adaptées suppose de travailler dans une logique de métier, notamment avec les branches professionnelles. Un des objectifs du PRST3 est donc de structurer un réseau d’acteurs relais qui accompagneront les entreprises dans leur démarche de prévention.

2. Agir en prévention primaire sur les risques prioritaires

  • Le risque chimique De 2011 à 2015, le nombre de cancers d’origine professionnelle reconnus comme maladie professionnelle et indemnisés s’est élevé à 256 en région Centre-Val de Loire, dont 210 liés à l’amiante. Les autres produits incriminés les plus importants sont ensuite les poussières de bois, le benzène, les amines aromatiques. L’objectif du plan concernant les risques chimiques et cancérogènes est d’accompagner les entreprises dans l’évaluation des risques afin de substituer aux produits les plus dangereux d’autres produits moins néfastes, ou à défaut de garantir l’effectivité et l’efficacité des dispositifs de protection collective (système de ventilation de l’air...).
  • Les chutes de hauteurs et l’exposition à l’amiante dans le BTP
    En 2015, les chutes de plain-pied représentent 12,3 % des accidents sur les lieux de travail et les chutes de hauteur 7,8 % (soit la 3ème cause d’accidents au travail).
    Des actions seront conduites en direction de tous les acteurs de la construction (maitres d’ouvrage, donneurs d’ordre, entreprises) afin de les inciter à intégrer la dimension sécurité dès la conception du chantier jusqu’aux différentes phases de sa réalisation. Objectif : réduire le nombre et la gravité des accidents du travail et des expositions à l’amiante.

3. L’usure professionnelle liée aux troubles musculo-squelettiques et aux risques psychosociaux

  • Les troubles musculo-squelettiques (TMS), affections multifactorielles, représentent 93 % des maladies professionnelles reconnues dans la région (régime général 2015). Elles constituent une cause de souffrance, d’absentéisme et parfois d’éviction de l’emploi.
    L’objectif est d’accompagner les entreprises dans la mise en œuvre d’une démarche de prévention des TMS, en recherchant collectivement, avec les entreprises et les salariés, des pistes d’amélioration des postes de travail réputés difficilement aménageables et en les diffusant à l’ensemble de la profession.
  • Les attentes relatives aux risques psychosociaux (RPS) restent fortes et imposent de poursuivre et d’amplifier des actions de prévention. Les déterminants sont à rechercher dans les conditions d’emploi, dans les facteurs liés à l’organisation du travail et aux relations de travail.
    L’objectif est de promouvoir une offre locale commune de services en matière de RPS, permettant une meilleure sensibilisation des travailleurs et des employeurs par l’information et la formation. L’intervention de consultants spécialisés sera aussi proposer aux directions et représentants du personnel pour les aider à élaborer des pistes de solutions.

4. Améliorer la vie au travail, levier de santé, de maintien en emploi et de performance
La démarche de la qualité de vie au travail (QVT) conçue comme une démarche stratégique reposant sur le dialogue social et intégrant nécessairement un volet « qualité du travail » est une opportunité pour que le travail soit facteur de santé et de performance.
Par des actions expérimentales dans différents secteurs d’activité, le PRST prévoit d’accompagner les acteurs de l’entreprise pour conduire les transformations des organisations notamment en outillant et en formant simultanément les représentants du personnel au CHSCT, les managers et les chefs de projet.

  • Maintien en emploi La désinsertion professionnelle liée à des problèmes de santé peut avoir des causes multiples : usure professionnelle due à une exposition à des facteurs de risques professionnels, vieillissement, maladies professionnelles, handicap, accidents du travail. Les conséquences en sont graves puisque les salariés déclarés inaptes sont surreprésentés parmi les chômeurs de longue durée. L’enjeu majeur du PRST en matière de maintien dans l’emploi est de développer la coordination et le partenariat de tous les acteurs régionaux afin d’offrir aux salariés un accompagnement individuel renforcé voire même un parcours sécurisé.

 
Liens
Ministère du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social
 
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