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Apprentissage : le secteur public se mobilise lui aussi

| Publié le 11 septembre 2015
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Autorisé dans la fonction publique depuis 1992, le recours à l’apprentissage y demeure à ce jour marginal.
En région Centre-Val de Loire, seuls 2,9% des contrats d’apprentissage sont signés dans le secteur public. Conformément aux directives ministérielles, la DIRECCTE se mobilise pour inciter les employeurs publics à recruter des apprentis.

Sur les 436 000 apprentis décomptés en France en 2012, seuls 12 700 apprentis étaient employés dans la fonction publique dont uniquement… 740 dans la fonction publique d’Etat. Face à ce constat, le gouvernement a lancé en début d’année un plan national de recrutement de 10 000 apprentis dans la fonction publique d’Etat à l’horizon 2014, dont 4000 dès la rentrée 2015.

Tous les ministères ont été invités dans ce cadre à recenser dans leurs services les emplois susceptibles de donner lieu à la signature d’un contrat d’apprentissage. En région Centre-Val de Loire, l’objectif fixé à tous les services de l’Etat est de recruter 120 jeunes dès 2015 par la voie de l’apprentissage.

La DIRECCTE Centre-Val de Loire montre l’exemple

En première ligne dans la promotion de l’apprentissage auprès des entreprises du secteur privé, la DIRECCTE Centre-Val de Loire se devait d’être exemplaire sur ce sujet en tant qu’employeur public. Elle a donc accueilli dès septembre trois apprentis : Lise, en 1ère année de Bac pro affectée au service informatique, Myriam, en 2ème année de DUT GEA à l’unité territoriale (UT) de l’Indre et Sofia, en 1ère année de Bac pro gestion administrative, à l’UT du Loiret.

Les DIRECCTE ont par ailleurs la charge d’enregistrer tous les contrats d’apprentissage conclus dans le secteur public. « Cette mission particulière nous invite naturellement, en cette période de fort chômage des jeunes, à inciter tous les employeurs publics à exercer pleinement leur responsabilité sociale en recrutant un apprenti » observe Nadia Rolshausen, directrice de l’UT de l’Indre de la DIRECCTE. « Dès novembre dernier, nous avons envoyé dans ce sens un courrier, signé du Préfet, mettant en exergue les avantages de ce type de formation, à toutes les structures publiques du département : services de l’Etat, mairies, structures inter-communales, offices HLM, établissements d’enseignement et hospitaliers ».

Résultat : le Centre d’aide à la décision (CAD) de la chambre de métiers de Châteauroux a été sollicité par plusieurs services de l’Etat en recherche d’apprentis. « C’est la première année que nous recevons des appels de la Préfecture, de l’armée, des finances publics… » témoigne Karine Van der Looven, coordinatrice au CAD. « Il faut savoir que depuis juin dernier, tout employeur de moins de 250 salariés appartenant à la fonction publique territoriale ou hospitalière reçoit une prime de 1000 euros par apprenti la première année de formation. Mais en dépit de cette aide, certaines petites communes que nous contactons nous disent qu’avec la baisse de leur dotation, elles n’ont plus les moyens d’embaucher ni même pour certaines de renouveler leur recours à un apprenti ».

Même son de cloche dans le Loir et Cher, il est également constaté un afflux de demandes de renseignement de la part d’employeurs potentiels. « Début juillet, le Préfet, a envoyé un courrier incitant les collectivités locales à recruter des apprentis et nos services ont aussi informé largement tous les services départementaux de l’Etat » précise Evelyne Poireau, en charge de l’alternance à l’unité territoriale de la DIRECCTE. « Résultat, les appels téléphoniques n’ont pas cessé cet été, notamment de la part d’employeurs du secteur privé comme du secteur public qui souhaitaient avoir des précisions sur les nouvelles aides. Pour le secteur public, 9 contrats sur 10 que nous enregistrons concernent la fonction publique territoriale ».

Les collectivités locales, principal employeur public

De fait, les collectivités locales ont bien perçu tous les avantages qu’elles pouvaient retirer de ces embauches en alternance. Tout d’abord, l’offre de formation existante via les CFA et lycées professionnels est riche et prépare à l’exercice de la plupart des métiers présents dans la fonction publique territoriale : entretien d’espaces verts, technicien de maintenance, animation sportive, gestion administrative, informatique… la palette est large, quel que soit le niveau de formation. Et puis l’accueil d’un jeune permet de valoriser les agents en charge du tutorat et facilite la transmission des savoir-faire. C’est aussi une formidable occasion de pallier à des départs en retraite en ayant à disposition de jeunes salariés immédiatement opérationnels.

Seul bémol, l’apprentissage ne permet pas au service public qui a accueilli le jeune de l’embaucher directement après l’obtention du diplôme. Pour être titularisé dans la fonction publique, il devra en effet passer des concours externes. Toutefois, un récent rapport(1) préconise d’orienter à l’avenir certains apprentis vers un accès sans concours à des postes de catégorie C. Il propose aussi de définir un quota de places pour les apprentis dans le cadre de concours externe.

Une chose est certaine, la fonction publique demeure un réservoir potentiel d’offres d’apprentissage encore inexploité. Pour les métiers « émergents », liés par exemple au développement durable, à la sécurité, ou pour les métiers « en tension » les trois fonctions publiques pourraient recourir davantage à l’apprentissage afin d’attirer les jeunes dont elles ont besoin.

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