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Développement économique : l’Etat recentre son action en région

| Publié le 9 mai 2019 | Dernière mise à jour le 30 avril 2019
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Compte tenu des nouvelles attributions confiées aux Régions en matière de développement économique, le gouvernement a décidé de recentrer l’action des Direccte sur le pilotage stratégique des politiques économiques nationales sur les territoires [1].
En conséquence, depuis le 15 mars dernier, la Direccte Centre-Val de Loire s’est doté d’un nouveau « service économique de l’Etat en région » (SEER) composé de 8 agents et poursuivant 3 missions principales : appui aux filières stratégiques, animation de la politique d’innovation et de transformation numérique, prévention des difficultés et soutien aux restructurations d’entreprises industrielles.


Marie Baumier, nommée cheffe du SEER et également chargée de mission économie au SGAR (Préfecture), nous détaille les objectifs de ce nouveau service et son positionnement au regard des autres services de l’Etat et des acteurs économiques institutionnels.

De quelle manière le SEER contribue-t-il à la mise en œuvre dans les territoires des politiques économiques nationales en faveur des entreprises ?

MB : Notre service est l’incarnation en région de la Direction générale des entreprises (Ministère de l’économie). Celle-ci nous sollicite pour participer à l’élaboration des politiques économiques nationales dès leur phase de conception mais aussi pour s’assurer de leur bonne application sur le terrain. Notre rôle est par ailleurs de documenter leur impact au niveau local et de faire remonter les attentes ou les réactions des acteurs économiques. Concrètement, le ministère nous a mobilisés récemment pour appréhender l’effet de la baisse des ventes de véhicule diesel sur les entreprises régionales. De même, nous suivons le déploiement du dispositif national « Territoires d’industrie » destiné à soutenir l’essor de bassins d’emploi ayant une forte culture industrielle (9 bassins sont concernés sur la région).

Quelles sont les filières stratégiques régionales que vous accompagnez spécifiquement ?

MB : Elles sont au nombre de quatre et ont été identifiées en raison de leur poids économique régional et du dynamisme de leur écosystème local : la cosmétique, l’aéronautique/défense, la santé et l’automobile. Nous veillerons à ce qu’elles s’approprient et déclinent les politiques de filières définies par le Conseil national de l’industrie (CNI) et ses comités stratégiques de filières. Nous serons ainsi amenés à entretenir des relations suivies avec les entreprises les plus représentatives et les organisations professionnelles de ces quatre domaines d’activité.

Stimuler l’innovation et faciliter la transformation numérique des entreprises est aussi une mission clé de votre service ?

MB : Oui, et dans ce but, nous participons activement à la gouvernance des écosystèmes d’innovation locaux, en particulier les 4 pôles de compétitivité ayant leur siège en région, à savoir Elastopole, Cosmetic Valley, S2E2 et DREAM (qui devrait à terme intégrer le pôle de l’eau, né du regroupement des 3 pôles français de la filière eau), ainsi que le dispositif de transfert de technologie C-VALO nouvellement créé. Nous travaillons en coordination avec d’autres services de l’Etat comme la DRRT (Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie), ses opérateurs (BPI, ADEME) et en lien étroit avec le Conseil régional. Nous co-pilotons aussi avec celui-ci les programmes du PIA territorialisé, à savoir les appels à projets destinés à soutenir des PME innovantes ou la structuration des filières régionales.

Troisième grand volet de votre champ d’intervention : assurer la protection des entreprises via des missions de médiation, de sécurisation économique pour celles à caractère stratégique et d’accompagnement pour celles devant faire face à des difficultés. Concrètement comment cela se traduit-il au quotidien ?

MB : Le Ministre de l’économie et des finances a récemment [2] conforté le dispositif des « Commissaires aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises » (CRP) présents dans chaque région. Le rôle d’Emmanuel Lemaux, notre CRP qui fait partie du SEER, est d’identifier le plus précocement possible les entreprises en difficulté, notamment les entreprises industrielles de plus de 50 salariés, afin de pouvoir mieux cibler les mesures de remédiation envisageables en lien avec tous les acteurs pertinents (Bpifrance, Business France, médiation du crédit…). 87 entreprises régionales étaient suivies, à fin 2018, par le CRP du Centre-Val de Loire.
Par ailleurs, Christophe Sauvion, délégué régional à l’information stratégique et à la sécurité économiques (DISSE), également correspondant de la direction générale de l’armement, est associé au SEER. Dans ce cadre, sous l’autorité du Préfet de région, il assure une veille stratégique sur les Investissements Etrangers en France et suit à ce sujet les entreprises sensibles. Il contribue aussi à la mise en œuvre de la politique publique de sécurité économique en lien avec l’écosystème territorial.
Enfin, les demandes de médiation entre entreprises, à l’occasion le plus souvent de conflits avec des donneurs d’ordre ou fournisseurs, restent traitées au sein du SEER. Dans le cadre de la loi pour un Etat au service d’une société de confiance (loi ESSOC), le Centre-Val de Loire fait d’ailleurs partie des régions expérimentatrices d’une médiation entre les entreprises et l’administration au sens large (Etat, collectivités, sécurité sociale et leurs établissements), sur quelques secteurs économiques.

Notes

[1Circulaire du Premier ministre du 24 juillet 2018

[2Circulaire du Ministre de l’économie et des finances du 20 juin 2018

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