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EPIDE de Bourges-Osmoy : un cadre pour baliser le chemin

| Publié le 6 décembre 2018 | Dernière mise à jour le 13 décembre 2018
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L’insertion professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi est l’une des priorités actuelles de l’État. Dans ce but, la Direccte Centre-Val de Loire appuie un certain nombre de structures, parmi lesquelles les établissements pour l’insertion dans l’emploi (ÉPIDE), dont celui Bourges-Osmoy.


Ni organisme de formation, ni école, les 19 « Épide » existant en France occupent une place particulière dans le paysage des dispositifs d’insertion des jeunes les plus éloignés de l’emploi. Créé en 2005 par le ministère de la Défense, et passé depuis sous la tutelle des ministères chargés de l’Emploi et de la Ville, l’ÉPIDE prend en charge les jeunes dans un cadre d’inspiration militaire.

Des jeunes volontaires et impliqués

_« Il se distingue par l’originalité de son accompagnement global, qui exige des jeunes un fort engagement : volontariat, sur huit mois minimum, internat de semaine, uniformes... », explique Marika Petit, responsable du service « Accès et Retour à l’Emploi » à la Direccte Centre-Val de Loire.
Créé en 2008, l’établissement de Bourges-Osmoy accueille environ 200 jeunes chaque année, pour une durée moyenne individuelle de 7,5 mois. « Nous présentons l’un des meilleurs taux de sorties positives du réseau -emploi, stage, formation qualifiante-, entre 59 et 61 %", se félicite la directrice Véronique Millet. "Nous récupérons des jeunes en échec scolaire, parfois très important, puisque 46 % des volontaires ont un niveau 5 bis et 6 [1].. » Ils sont orientés par les structures d’insertion mais, pour la plupart d’entre eux, c’est un vrai choix. « Beaucoup viennent chercher un cadre, des repères. Nous les nommons « volontaires », car le jeune doit adhérer, être acteur. Nous faisons avec lui, c’est la base de notre pédagogie. »

« réapprendre le savoir-vivre et le savoir-être en collectivité… »

Ce que confirme Émilie Auroux, Conseillère en insertion professionnelle depuis deux ans dans cet établissement composée d’une équipe de 64 personnes. « Certains volontaires sont éloignés des règles du savoir vire et savoir-être en collectivité. Les cadres de l’EPIDE vont permettre à ces jeunes d’avancer sur la structuration d’une vie quotidienne. Le volontaire doit en parallèle travailler sur son projet professionnel, sa mobilité et sa citoyenneté. » Selon l’encadrante, la grande force de l’Épide, « c’est l’écoute du jeune, par l’individualisation du parcours ; nous prenons le temps dont il a besoin ».
Irafika Bacar, 20 ans, n’aura pas besoin des 24 mois (durée maximum de l’accueil) pour envisager une sortie positive. Arrivée en juin 2018, elle était déjà en attente d’entretiens d’embauche, après avoir effectué deux semaines de stages en entreprise. « Je n’ai jamais eu de problème de discipline avant, mais j’avais besoin que l’on me cadre et que l’on me propose des pistes », explique la jeune femme (26 % des volontaires en France) qui, après son BEP Vente, « n’a pas vraiment travaillé » et « avait des gros doutes sur sa capacités à rester dans le métier ». Cet accompagnement lui a permis d’acquérir de nouveaux savoirs de base, mais aussi de se redécouvrir un peu. « Avoir toujours un contact avec la clientèle » est redevenue une évidence pour elle.

Un suivi après la sortie

La directrice, Véronique Millet, explique que « retrouver du savoir-faire de base et du savoir-être est un vrai tremplin vers l’emploi durable et vers l’autonomie ». Et de poursuivre : « Les volontaires bénéficient d’une allocation mensuelle de 210 euros par mois, et 90 € supplémentaires sont sanctuarisés et versés lors de leur sortie positive. Nous assurons ensuite un suivi rigoureux pendant trois mois, veillons à ce que les besoins primaires des jeunes, avant la sortie, soit satisfaits en terme de logement ou d’hébergement, de restauration et de transport. »
Ces jeunes intègrent ensuite les métiers de bouche et de la restauration, pour 25 % d’entre eux, l’armée et les métiers de la sécurité pour 15 %, le BTP (14%), le commerce et la grande distribution (11%)…


Cet article fait partie d’une série de trois articles sur l’insertion des jeunes éloignés de l’emploi. Relire le premier épisode de la série, sur l’École de la 2e chance.

Notes

[1Niveau VI et V bis : sorties en cours de 1er cycle de l’enseignement secondaire (6ème à 3ème) ou abandons en cours de CAP ou BEP avant l’année terminale

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