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Mieux accompagner vers l’emploi les habitants des quartiers

| Publié le 3 mars 2016 | Dernière mise à jour le 11 mars 2016
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Définir de nouveaux modes d’intervention des pouvoirs publics pour améliorer l’accès ou le retour à l’emploi des habitants des « quartiers prioritaires de la politique de la ville » (QPV). Tel était le thème d’un séminaire régional qui a réuni le 20 janvier dernier à Orléans des représentants de l’Etat, de ses opérateurs ainsi que de collectivités locales et d’associations de quartiers.

Initiée conjointement par la DRDJSCS, la DIRECCTE et la Préfecture de la région Centre-Val de Loire, cette journée a réuni près d’une centaine de professionnels de l’emploi intervenant dans ces quartiers (Pôle emploi, Missions Locales, PLIE, Cap emploi, Collectivités, Associations, …). Comme l’a rappelé en introduction Sylvie HIRTZIG, directrice régionale de la DRDJSCS, « l’emploi et le développement économique sont au cœur des enjeux des nouveaux contrats de ville conclus en 2015 qui concernent sur la région 52 quartiers dits « prioritaires » au sein de 29 communes totalisant une population de 153 000 habitants ».

Un taux de chômage plus de 2 fois supérieur

Or les habitant de ces quartiers continuent de cumuler de nombreux obstacles pour accéder à l’emploi du fait notamment de la prégnance des stéréotypes et des discriminations dont ils sont souvent victimes. Résultats : « A niveau de diplôme égal, le taux de chômage dans ces territoires est 2 fois et demi supérieur à celui constaté par ailleurs » souligne Patrice GRELICHE, Directeur régional de la Direccte. « De même l’accès des habitants des quartiers aux contrats aidés demeure insuffisant notamment pour les emplois d’avenir ». Les facteurs conduisant à cette situation sont nombreux : cloisonnement et multiplicité des dispositifs d’accompagnement existants, manque d’informations adaptées, méfiance vis-à-vis des institutions et du service public de l’emploi …
Il était donc urgent que tous les acteurs de l’emploi concernés revisitent leurs modes d’intervention et tentent de définir un socle de réponses plus adaptées et plus efficaces. Tel était l’objet de ce séminaire qui, en séance plénière, a donné la parole à Anne FRETEL, chercheure au Clersé (Lille 1) ainsi qu’à Laurent DUCLOS, adjoint au responsable des synthèses à la DGEFP (Ministère de l’emploi).

Une intermédiation offre/demande d’emploi à réinventer

« 56% des entreprises ne recrutent pas par des canaux formels (petites annonces, jobboard, agences intermédiaires…) mais par des voies informelles : cooptation, candidatures spontanées » indique Anne FRETEL. Ce dernier mode de recrutement est utilisé majoritairement par les TPE-PME qui ne disposent bien souvent pas de service "Ressources Humaines" dédié et sont donc très peu outillées pour élaborer des fiches de poste adaptées à leurs besoins et conduire des entretiens de sélection efficaces.
Il est donc primordial pour les intermédiaires de l’emploi en charge de publics en difficulté d’insertion d’intervenir auprès des entreprises le plus en amont possible en les aidant à définir leurs besoins de recrutement à l’instar de l’association « OREC 18 ». Celle-ci remet en emploi chaque année sur le bassin de Vierzon près de 200 personnes, chômeurs longue durée, bénéficiaires RSA, …
Sa recette ? Prendre le temps d’aller dans l’entreprise pour examiner en détail les caractéristiques du poste de travail à pourvoir : tâches à effectuer, conditions de travail, liens avec le personnel… Mais aussi faire un point hebdomadaire avec l’employeur et le candidat recruté durant toute la période d’essai afin de faciliter l’intégration de ce dernier et lever les derniers obstacles. Cette médiation active opérée tant auprès du chef d’entreprise que de la personne en insertion permet à l’OREC d’aboutir à 85% de mises en situation professionnelle se soldant pour moitié par un CDI ou un CDD de plus de 6 mois.

Privilégier la mise en situation de travail

« On peut difficilement évaluer « en chambre » les freins à l’emploi pesant sur une personne éloignée du marché du travail. La seule solution est de l’immerger dans des situations de travail de courte durée et d’exploiter en retour tout l’acquis qu’elle aura tiré de cette expérience » déclare Laurent DUCLOS (DGEFP). Et de prôner dorénavant des parcours d’insertion professionnelle intégrant cette approche du « work first », en utilisant notamment les « périodes de mise en situation et en milieu professionnel » (PMSMP) mises en œuvre par les opérateurs de l’État (Pôle emploi, Missions Locales, Cap emploi). Celles-ci visent trois objectifs : découvrir un métier ou un secteur professionnel, confirmer un projet professionnel, voire même initier un recrutement (11% des PMSMP ont donné lieu à des embauches directes [1]).
Ce possible accès à l’emploi à l’issue de ces périodes d’immersion n’est pas surprenant pour Laurent DUCLOS. Selon lui, ces mises en situation de travail, en permettant à la fois de révéler des besoins réels d’un employeur potentiel ainsi que des capacités à priori insoupçonnées d’un individu, peuvent occasionner des embauches réussies.
Reste que les intermédiaires de l’emploi se doivent aussi de faire évoluer leur expertise auprès des petites entreprises pour les aider à gagner en professionnalisme dans leur fonction d’employeur (notion d’employeurabilité).
Cette nouvelle approche de la médiation vers l’emploi basée sur le « work first » est entre autre expérimentée dans le cadre du dispositif « Garantie jeunes », financé par l’État et mis en œuvre par certaines Missions Locales. Celui-ci offre à des jeunes en grande précarité (manquant d’expériences et de qualification) une garantie de ressource minimale sous réserve qu’ils recherchent au quotidien un emploi et saisissent toutes les opportunités de mise en situation de travail. Pour l’instant les premiers résultats du dispositif semblent prometteurs. Comme quoi, crise oblige, il est possible selon Laurent DUCLOS de « mettre en œuvre un accompagnement vers l’emploi de qualité tout en utilisant des offres d’emploi de mauvaises qualité » [2].

Notes

[1Enquête Pôle emploi réalisée de novembre 2014 à octobre 2015

[2Fin décembre 2015, la part des demandeurs d’emploi ayant travaillé courant décembre (cat B et C) mais toujours en recherche d’emploi est égale à 38% des demandeurs d’emploi (Cat A, B et C)

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