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Salariés, indépendants : faites le point avec un conseiller en évolution professionnelle

| Publié le 11 septembre 2020
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Grace à la loi du 5 septembre 2018, tous les salariés et travailleurs indépendants disposent depuis le 1re janvier 2020 d’un droit à être accompagné gratuitement par un conseiller en évolution professionnelle (CEP). Objectif : leur permettre de faire le point sur leur situation professionnelle et, le cas échéant, d’élaborer et de mettre en œuvre un projet de formation, de reconversion, de mobilité interne ou externe…

En Centre-Val de Loire, suite à un appel d’offre lancé par France compétences, le Groupement évolution a été sélectionné pour assurer ce nouveau service d’accompagnement. A ce jour, 25 conseillers dédiés au Conseil en évolution professionnelle sont mobilisés via un réseau de 17 antennes réparties sur toute la région.

Caroline Trinh, Responsable du développement partenariat au Groupement Evolution-Centre-Val de Loire, précise les contours du conseil en évolution professionnelle ainsi que les enjeux liés à sa mise en place.

Direccte : Comment accéder aux prestations du Conseil en évolution professionnelle ? Avez-vous été impactés par la crise sanitaire ?
Caroline Trinh : Nous avons recruté 25 professionnels ayant de réelles qualités d’écoute, d’empathie et de bienveillance. Avec le confinement en mars dernier, nos conseillers ont arrêté leur permanence physique mais restaient bien sûr disponibles au téléphone ou en visioconférence. Le nombre d’appels reçus a été divisé par deux en mars et même par quatre en avril par rapport aux 1 200 appels enregistrés en janvier. Mais, depuis, la situation est redevenue normale et nos CEP ont repris leurs permanences avec une large amplitude horaire (8 h 00 - 19 h 30) pour être accessibles aux personnes en activité. Certaines de nos antennes proposent même une ouverture un samedi matin par mois.

Votre offre de service comporte deux niveaux. Quelles sont leurs caractéristiques ?
CT : Notre premier niveau de conseil consiste en un 1er entretien approfondi (jusqu’à 1h30) que nous devons proposer au demandeur dans les 10 jours maximum suivant son appel. Il s’agit de bien cerner avec lui sa demande, d’analyser ses motivations pour pouvoir ensuite lui indiquer précisément les organismes et dispositifs qu’il aurait à solliciter si il décide de poursuivre sa démarche. Nous sommes là pour aider chacun à identifier toutes les pistes possibles qui s’offrent à lui. Libre à lui de choisir in fine la plus adéquate. Ainsi, lorsqu’un salarié nous dit qu’il veut quitter son entreprise car il ne supporte plus son poste actuel, il nous arrive de trouver avec lui des possibilités d’évolution interne au sein de son entreprise auxquelles il n’avait pas pensé. De même, lorsqu’une personne salariée exprime son envie de se mettre à son compte, nous prenons soin de le mettre en garde sur l’impact qu’une création d’entreprise peut avoir sur sa vie de famille. Un compte rendu écrit de l’entretien est bien sûr remis à tous les bénéficiaires.
84 % des premiers contacts effectués choisissent de poursuivre leurs démarches avec nos conseillers via un accompagnement dans la durée qui peut aller jusqu’à un an et constitue notre deuxième niveau de service. Dans ce cadre, nous les accompagnons pour construire un plan d’action opérationnel en fonction de leurs projets qui peuvent être très divers : suivre une formation, préparer un entretien professionnel, passer un bilan de compétences… Là aussi, nous les aidons dans l’identification des prestataires, le bouclage de leur plan de financement… Notre but est au final de sécuriser au maximum ces transitions professionnelles pour qu’elles aboutissent à une issue positive.

Le droit à bénéficier du Conseil en évolution professionnelle est encore méconnu par beaucoup de salariés/indépendants. Comment remédier à cette situation ?
CT : Oui, vous avez raison, nous faire connaître est pour nous un vrai défi. Notre site internet est ouvert depuis le 2 janvier dernier et nous sommes présents sur la toile via les sites de France compétences, de Transitionpros-CentreVDL et du site régional Etoile sur l’orientation. Mais cela ne suffit pas et nous avons lancé des mailings vers les employeurs pour leur rappeler leur obligation d’informer leurs salariés de l’existence du CEP et leur proposer d’organiser au sein de leur entreprise des demi-journées d’information. Nous sommes intervenus ainsi à la CPAM, La Banque postale, la CAF… Nous comptons aussi, d’ici la fin de l’année, informer les branches professionnelles et organisations syndicales afin qu’elles relaient le message auprès de leurs adhérents, surtout dans les TPE et PME de moins de 50 salariés qui, souvent, ne disposent pas d’un service RH. Nous pouvons être un véritable appui pour elles.

Ne craignez-vous pas des réticences de la part d’employeurs qui redouteraient que le Conseil en évolution professionnelle puisse donner des idées de mobilité externe à certains salariés expérimentés ?
CT : Non, nous ne sommes pas là pour inciter les salariés à quitter leur entreprise. Au contraire, nous sommes là pour les prévenir de tous les risques induits par leur projet professionnel et au final la décision leur appartient. Du reste, les entreprises que nous avons à ce jour rencontrées nous ont très bien accueillis. De plus nous pouvons être mobilisés pour aider les salariés à préparer leur entretien professionnel.

Avez-vous des cibles prioritaires parmi les bénéficiaires potentiels du Conseil en évolution professionnelle ?
CT : Les travailleurs indépendants nous connaissent encore peu. Beaucoup pourtant pourraient avoir besoin de nos services. Nous travaillons avec la chambre régionale des métiers et de l’artisanat sur ce sujet ainsi qu’avec plusieurs associations de travailleurs libéraux. Plus généralement, nous souhaitons intervenir davantage auprès des travailleurs précaires (intérimaires, auto-entrepreneurs…), notamment ceux ayant un bas niveau de qualification, afin de les aider à sécuriser leur situation professionnelle. Nous collaborons aussi avec des bailleurs sociaux pour proposer un accompagnement des personnes très éloignées de l’emploi qui ont choisi de participer à des chantiers d’insertion.

Vos conseillers doivent bien connaître les acteurs locaux de la formation, de l’emploi ainsi que les perspectives de recrutement offertes par l’économie locale ? Comment les formez-vous ?
CT : En tant qu’opérateur du CEP, nous faisons partie du service public régional de l’orientation (SPRO) qui inclut les missions locales pour les jeunes, Pôle emploi pour les demandeurs d’emploi, Cap emploi pour les travailleurs handicapés et l’APEC pour les cadres. Nous participons ainsi à des séminaires de professionnalisation organisés par le Conseil régional dans lesquels nous échangeons sur les bonnes pratiques. Nous sommes en lien aussi avec le GIP ALFA, notamment pour être informés de l’offre régionale de formation. A terme, je souhaite que tous nos conseillers disposent d’un référent dans chaque organisme de formation de sa zone d’emploi afin de faciliter l’entrée en formation de nos bénéficiaires et le montage de leur dossier de financement.

Propos recueillis par Pierre DUSSIN

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