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Sous-traitance industrielle : un redressement encore fragile

| Publié le 30 septembre 2016
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Mieux comprendre le positionnement d’un secteur composé au 3/4 de sous-traitants intervenant dans le travail des métaux, mais aussi mieux appréhender ses besoins, telle est l’ambition d’une étude régionale partenariale [1] à laquelle la Direccte Centre-Val de Loire a participé.

"Si le secteur a beaucoup souffert depuis 20 ans de la désindustrialisation et des délocalisations" comme l’a rappelé Harold Huwart, vice-président de la Région à l’économie, "il semble qu’aujourd’hui plusieurs indicateurs reviennent au vert". 37% des 557 sous-traitants ayant répondant à l’enquête se disent ainsi optimistes pour la croissance de leur chiffre d’affaire à 5 ans (proportion plus forte dans l’automobile, l’agro-alimentaire et la santé).
Une proportion identique d’entre eux déclarent être certifiés. Mais selon Gérard Bobier, vice-président de la Chambre régionale des métiers, "le passage à la norme ISO 9001 constitue encore trop souvent une véritable épreuve administrative pour les entreprises artisanales". Or celles-ci représentent la moitié des sous-traitants.

Un outil de production vieillissant


De fait, près de 90% des sous-traitants industriels comptent moins de 10 salariés au sein de leurs effectifs, et seuls 22% font partie d’un groupe (Français dans 8 cas sur 10). Les marchés visés sont diversifiés mais trois principaux (automobile, aéronautique et agro-alimentaire) sont présents dans le carnet de commande de 44% de sous-traitants.
« L’âge moyen du parc machine est de 12 ans » remarque Patrice Greliche, directeur régional de la Direccte. « C’est mieux que la moyenne française (19 ans), mais c’est supérieur à l’âge moyen constaté dans l’industrie allemande (9 ans), voire même de l’Italie (10 ans) ». Et de signaler à ce sujet une mesure promue par le gouvernement et applicable jusqu’à fin 2017 pour favoriser l’investissement productif : le suramortissement fiscal qui permet d’amortir 140% du prix d’une machine.

Des délais de paiement trop longs

Autre ombre au tableau : les délais de paiement. Plus du quart des sous-traitants interrogés se disent pénalisés par des délais trop longs. Cette proportion atteint même 38% dans l’automobile et 39% dans les entreprises artisanales. Dans ce cas aussi la Direccte peut intervenir pour aider une entreprise à trouver une solution avec son donneur d’ordre. Il suffit que l’entreprise saisisse un des 3 médiateurs domiciliés à la Direccte qui initiera gratuitement une médiation en toute confidentialité. Trois quart des médiations se terminent de manière positive.

Pénurie de main d’œuvre qualifiée

Enfin cette étude souligne de fortes préoccupations des sous-traitants concernant la gestion de leur ressource humaine. 1/3 d’entre eux affirment vouloir recruter à court terme, principalement des ouvriers qualifiés pour industries de process et de travail des métaux et beaucoup rencontrent des difficultés pour trouver le bon candidat. Ces besoins de recrutement touchent principalement les entreprises de l’aéronautique et de l’automobile.
Pour les années à venir, le maintien des compétences s’avère être le principal enjeu à relever.
« Encore faut-il que les centres de formation s’adaptent aux nouvelles technologies » observe, pour conclure, Gérard Barbier.

Notes

[1Conseil régional, Centréco, CCI Centre VDL, CRMA, Pôle emploi, ORFE, UIMM Centre VDL

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