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Tailler la vigne et se dessiner un chemin

| Publié le 11 mars 2019 | Dernière mise à jour le 18 mars 2019
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En Loir-et-Cher, pour faire face aux difficultés de recrutement dans la viticulture et lutter efficacement contre le travail détaché dans ce secteur d’activité, la Direccte Centre-Val de Loire a impulsé une action visant à former et intégrer, par l’insertion économique, des réfugiés.


Le recours massif aux travailleurs détachés pose problème à plus d’un titre, dans le domaine de la viticulture, et particulièrement dans le Loir-et-Cher. Pour le contrecarrer, la Direccte Centre-Val de Loire a impulsé une action collective, répondant à deux problématiques : « une difficulté notable de recrutement, d’une part ; l’insertion des réfugiés, d’autre part », souligne Nathalie Dayris, chargée de développement de l’emploi et des territoires, au sein de l’unité départementale 41.
Cette action, portée par un chantier d’insertion solidaire - et financée par le Fonds d’inclusion dans l’emploi [1] -, permet actuellement à 9 réfugiés âgés de 19 à 39 ans, de bénéficier de 22 semaines de formation aux premiers gestes professionnels et de 7 semaines de périodes de mises en situation professionnelle, chez des viticulteurs d’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher.

« Une vraie détermination »

Souhaitant offrir «  un accompagnement au perfectionnement de la langue française, mais aussi socioprofessionnel », la Direccte a réuni le lycée agricole d’Amboise (37) et l’association Bio-solidaire, porteuse d’un chantier d’insertion dans le maraîchage. Trois mois auront suffi pour mettre en place ce dispositif à la rentrée de septembre 2018. « Nous en avons accueilli 9 lors des vendanges, sur deux jours, pour vérifier leur motivation, et nous n’avions que 8 places", se souvient Jean-Pierre Genet. "Mais tous ont montré une vraie détermination. Certains avaient pourtant des soucis de mobilités. Nous les avons finalement tous retenus. »
Une motivation qui ne se dément pas aujourd’hui, six mois après le début de cette formation. « On observe un savoir-être professionnel, au lycée comme lors des immersions en entreprise, avec très peu d’absences non justifiées ou de retards, et une vraie soif d’apprendre », corrobore Jérôme Delpy, conseiller en insertion de l’association. Ce dernier assure un suivi hebdomadaire de 20 h, notamment pour accompagner ces 9 personnes, « sur l’accès aux droits, le déchiffrage de courriers, l’information sur les dispositifs de droit commun… » et lever un maximum de freins à l’emploi.

Objectif employabilité

« Les neuf réfugiés ne se projettent pas tous dans la viticulture, tempère le conseiller. Mais quelques vocations sont nées et certains ont aussi été repérés comme de bons conducteurs d’engins. » Le proviseur du lycée confirme : « entre les cours de français, l’apprentissage par le geste et la diversité des situations dans laquelle nous les plaçons, en cave ou dans les vignes, nous avons principalement travaillé sur un objectif d’employabilité ».
Avec leur statut de salarié - et non de stagiaires, « puisque c’est un chantier d’insertion, et non une formation » – ils ne se verront pas décerner un diplôme. « Mais nous allons faire en sorte que tout ce travail leur soit reconnu et, surtout, nous nous sommes tous accordés à assurer un suivi derrière, même en l’absence de financements », poursuit Jean-Pierre Genet.
Parmi les neuf réfugiés, Naveedullah Shirzai, 19 ans, et Aftab Hussaini (21 ans), tous deux afghans, ayant fui la guerre. Tous deux ont découvert, selon les périodes, le travail en cave, les missions de cariste et la taille de vigne. Le premier avait déjà travaillé dans les légumes, dans son pays d’origine. Désormais, il souhaite « continuer à se former, voir autre chose que la viticulture » ; le second, lui, est plombier à l’origine, mais considère désormais la viticulture comme « un possible deuxième métier ».

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Notes

[1au titre du « soutien à des initiatives locales à caractère innovant en matière d’accès à l’emploi »

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