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Traiter le mal à la racine

| Publié le 26 juin 2018 | Dernière mise à jour le 16 juillet 2018
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L’Unité départementale d’Indre-et-Loire de la Direccte a mené une action d’ampleur auprès des coiffeurs. Avec plusieurs partenaires, elle a pu impulser un accompagnement auprès des professionnels, pour prévenir les risques repro-toxiques, notamment.

Avec 295 apprentis formés au CFA de Joué-lès-Tours et 821 salons [1] répertoriés, l’Indre-et-Loire est un département fourni en professionnels de la coiffure. L’inspection départementale du travail a souhaité, début 2017, opérer des contrôles dans les établissements, sur des questions liées à la durée du travail, au temps de repos, mais aussi à la santé et à la sécurité, pour obtenir une évolution des pratiques, tout du moins des mauvaises…

« Nous avons rapidement estimé qu’il fallait travailler de manière partenariale », explique Hugues Gourdin-Bertin, directeur adjoint du travail, à l’Unité départementale d’Indre-et-Loire. Ainsi, la Carsat [2] et les services de l’APST 37 [3] sont associés à cette opération, ainsi que l’UNEC 37 / 41 [4].
Lors des premiers contrôles - une trentaine - deux problèmes sont apparus récurrents : les risques de TMS (troubles musculo-squelettiques) et les risques repro-toxiques, liés aux produits chimiques utilisés dans ce secteur. « Pour les premiers, nous sommes outillés pour faire face. Il suffit de faire remplacer des bacs ou des fauteuils qui ne sont pas réglables, des séchoirs trop lourds… Mais pour ce qui est des produits chimiques, nous avons d’abord dû affronter un certain scepticisme... »

Défaut d’information, absence de conscience du risque

En effet, à la différence de la mécanique ou de l’hôtellerie, le secteur de la beauté et de la cosmétique ne bénéficie pas de fiches de sécurité sur l’utilisation des produits. « L’accès à l’information est donc très difficile, il n’y a pas de conscience du risque », poursuit Hugues Gourdin-Bertin. Et pourtant, les médecins du travail relève régulièrement des cas d’eczémas ou d’allergies, liées aux manipulations des produits et « qui peuvent souvent se traduire par une sortie du métier ».

Autre point problématique, lié aux produits chimiques : les systèmes d’aérations et de captations d’air, dans les salons. « La plupart des salons n’en ont pas. Et le lieu de stockage ou de préparation de ces produits est souvent identique à la salle de repos... ».

C’est là qu’intervient l’UNEC, et sa présidente interdépartementale Géraldine Ferteux, par ailleurs première vice-présidente de la Chambre des métiers d’Indre-et-Loire. L’UNEC, revendique une centaine d’adhérents sur les deux départements, ce qui en fait l’organisation professionnelle la plus représentative de ce secteur « qui peine toutefois à se fédérer, en dehors des unions commerciales locales », reconnaît-elle.

D’ordinaire, l’organisation propose des formations et distille des informations à ses adhérents, d’ordre réglementaire notamment. Mais dans le cadre de cette campagne d’information et de contrôle, elle a joué un rôle moteur et a été pleinement été associée au travail mené par la Direccte et la Carsat, qui a notamment aidé à la rédaction d’un cahier des charges pour l’acquisition de matériel.

« Dès le départ, je ne voulais pas ne pas être associée, il était important d’apporter notre vision et notre éclairage, en co-organisant les réunions d’informations », observe Géraldine Ferteux. « L’idée était d’accompagner dans la douceur, de demander du temps et même une période de tolérance, d’autant plus que le matériel nécessaire pour installer une captation d’air dans nos salons est aujourd’hui très difficile à trouver, et il représente évidemment un certain coût... Mais nous avons sollicité notre fédération nationale, qui va pouvoir réaliser un achat groupé de matériels, dont pourront bénéficier nos adhérents qui, quoi qu’il arrive, devront se mettre en conformité. »

Une équipe de trois inspecteurs devrait y veiller tout au long de cette action de contrôle pluri-annuelle, qui cible particulièrement les groupes et les enseignes, davantage en mesure de s’équiper.

Notes

[1et indépendants en profession libérale

[2Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail

[3Service de santé interprofessionnel de l’Indre-et-Loire

[4Union nationale des entreprises de coiffure

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