Veiller à la sécurité des machines agricoles neuves

| Publié le 9 novembre 2018 | Dernière mise à jour le 13 novembre 2018
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Parmi les plus grands salons européens du machinisme agricole, Innov-Agri se déroule en plein champ tous les deux ans à Outarville (45). L’édition 2018 a été l’occasion pour l’inspection du travail de procéder à des contrôles inopinés. Explications.

Parce qu’il propose des démonstrations de machines neuves exposées, Innov-Agri a été retenu en 2018 par le ministère de l’agriculture pour contrôler la conformité réglementaire de deux types de machines agricoles pour lesquelles les normes évoluent : les moissonneuses batteuses et les pulvérisateurs de produits phytosanitaires.

De multiples risques à prévenir

Chaque machine comporte des risques liés à son utilisation. Ainsi, pour les moissonneuses batteuses, le principal risque concerne les chutes de hauteur lorsque l’on accède aux organes de la machine : cabine, toiture, pare-brise… « Les machines doivent être équipées d’éléments d’appui et de protection contre les chutes qui doivent respecter certaines dimensions et être facile à utiliser » précise Julien Collignon, technicien régional de prévention à la Direccte Centre Val de Loire.
Pour les pulvérisateurs de produits phytosanitaires, il y a deux types de risques. Le risque électrique est lié au contact possible entre les branches du pulvérisateur et les lignes électriques aériennes : la hauteur des branches est donc limitée et des notices d’information doivent être transmises aux utilisateurs. Le second risque, chimique, concerne le produit pulvérisé. « Les cabines doivent être hermétiques et l’opérateur doit être protégé contre d’éventuelles projections lorsqu’il remplit ou vidange les cuves. Il doit aussi avoir la possibilité de se rincer les mains et le visage avec de l’eau « propre », en cas de contact avec les produits. »

L’inspection du travail sur le pont

« La veille du contrôle, nous avons proposé aux 3 inspecteurs du travail mobilisés avec nous sur cette action une formation sur les points spécifiques à vérifier" poursuit Julien Collignon. "Avec l’aide du Ministère, nous avons élaboré des grilles de contrôle pour les guider dans la démarche. Le jour J, nous avons commencé par un tour du salon afin d’identifier les machines potentiellement problématiques. Puis nous avons examiné plus en détail quatre pulvérisateurs et trois moissonneuses-batteuses. »

Quel bilan ?

Au final des améliorations ont été constatées. « Tous les pulvérisateurs sont désormais équipés de cabines hermétiques, ce qui n’étais pas le cas il y a deux ans. C’est un vrai progrès ». Par contre, sur d’autres points, les interprétations des normes divergent… « Sur les moissonneuses-batteuses, nous avons fait peu de constats qui donneront lieu à des non-conformités flagrantes. Nous attendons les notices destinées aux utilisateurs et les certificats de conformité pour affiner notre analyse. Nous serons peut-être amenés à demander des justifications de choix techniques. Pour les pulvérisateurs en revanche, nous avons constaté des non-conformités avérées sur le risque électrique, avec des machines, essentiellement à rampe et géométrie variables, dont la hauteur des bras dépasse le maximum fixé à 4m : le risque de contact avec des lignes électriques est donc important. De même, les cuves de rinçage ne sont pas toujours séparées des autres cuves et le risque de projection est fréquent… ».

« Attention aux plaques de conformité des fabricants »
« Les actions de contrôle dans des salons sont pertinentes car elles nous permettent de nous assurer du respect de la réglementation sur des machines neuves, en amont de leur utilisation, ce qui ne peut que concourir à une meilleure prévention des accidents. Cela souligne aussi le fait qu’il faut être vigilant, même sur les machines « estampillées » d’une plaque de conformité : elles ont été déclarées conformes par le fabricant alors qu’elles ne le sont pas forcément. Enfin, mener des contrôles au milieu des visiteurs contribue à donner à notre action une grande visibilité. »
Ludovic Resseguier, agent de contrôle à l’Unité départementale du Loiret de la Direccte.
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